Warsaw Glitch : un réalisateur polonais remet le montage au cœur du cinéma généré
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Le festival Warsaw Glitch réunit dans un même lieu la vieille garde du cinéma polonais, de jeunes artistes IA et des ingénieurs, pour forcer une conversation qui restait cloisonnée. Son fondateur, auteur du western généré Broken Arrow, rappelle que raccorder des plans reste le vrai métier, quand le marché vend surtout de la production bon marché sans souci des droits.

Un festival qui mélange délibérément deux mondes qui s'ignoraient dit toujours quelque chose du marché. Warsaw Glitch, porté par un réalisateur venu du documentaire et du jeu vidéo, installe dans le même hôtel des cinéastes polonais nommés aux Oscars, de jeunes artistes IA et des ingénieurs capables d'expliquer aux deux camps comment fonctionnent leurs outils. L'objectif affiché n'est pas de remplacer une génération par l'autre, mais de faire cohabiter le métier des uns avec les outils des autres dans les mêmes discussions.
Son film Broken Arrow, un western spaghetti fabriqué en deux semaines pour un concours de scénario, montre ce que ce mélange coûte réellement en travail. Un modèle entraîné sur ses propres photographies, une langue amérindienne reconstituée à partir de documents d'archives, puis des heures de raccord pour effacer les coupes entre des séquences de cinq secondes. Un seul plan, un personnage ivre au bar avec une goutte de salive qui coule, a demandé quatre à cinq jours de montage pour tenir trente secondes sans rupture visible. Le geste qui fait la crédibilité d'un plan reste celui du monteur, pas celui qui tape une instruction.
La réserve porte sur ce que ces outils font dire au marché. Beaucoup de clients achètent une production moins chère en pensant qu'un abonnement à un service leur donne automatiquement tous les droits commerciaux sur ce qu'ils génèrent, ce qui n'est pas le cas. La démocratisation des outils vidéo produit surtout, dans ce cas, des films d'action interchangeables où l'on ajoute un dragon ici, un zombie là, sans que personne se demande ce que l'histoire raconte.
Comparé à l'époque où chaque seconde de génération coûtait des heures d'itération, l'accès aux outils s'est effectivement démocratisé. Ce qui ne s'est pas démocratisé, c'est la capacité à structurer une scène et à en assembler les fragments pour qu'elle tienne debout, compétence que ce réalisateur rattache directement à son passage par le documentaire télévisé.
Pour un studio qui reçoit un brief promettant du cinéma généré à prix cassé, la question à poser dès la négociation n'est plus seulement le tarif, mais qui a réellement monté le plan et sur quelles références visuelles le modèle a été entraîné.