Veeda AI veut faire répéter leurs erreurs aux robots dans des mondes simulés
— Business
Trois anciens chercheurs de NVIDIA fondent Veeda AI pour entraîner des robots dans des environnements générés par des world models plutôt que dans un atelier réel. Le projet reste une infrastructure de recherche sans modèle ni démonstration publiée, mais il concentre déjà des talents et des financeurs spécialisés en simulation robotique.

Un bras robotique qui apprend dans le réel casse des pièces, arrête une ligne ou blesse quelqu'un. Chaque erreur coûte du matériel et du temps, et une heure d'expérimentation ne permet de tester qu'un nombre limité de gestes. Veeda AI part de ce constat pour déplacer l'apprentissage vers des mondes simulés, où un robot peut échouer des milliers de fois sans risque physique.
La société est cofondée par Sanja Fidler, Zan Gojcic et Huan Ling, trois chercheurs venus de NVIDIA, où ils travaillaient sur la vision 3D, la reconstruction de scènes et les modèles génératifs appliqués à la robotique. Leur pari tient en une phrase : la simple imitation de gestes humains ne couvre jamais toutes les situations rares qu'une machine rencontrera un jour dans un entrepôt ou sur un chantier.
Ce type de projet ne parle à aucun métier de la création directement. Il vise la logistique, la fabrication, la construction et le transport de personnes ou de marchandises, des secteurs où un robot doit apprendre à récupérer après une erreur avant d'être lâché dans un vrai bâtiment. Ce qui compte pour le marché, c'est la concentration de chercheurs seniors ex-NVIDIA et de fonds comme Khosla Ventures et Radical Ventures sur cette brique précise des world models, celle qui décide si la simulation robotique devient un standard industriel ou reste un chantier de laboratoire.
La faiblesse du dossier tient à son stade. Veeda ne publie ni modèle, ni démonstration, ni méthode d'entraînement. Une scène simulée peut sembler cohérente à l'écran tout en ratant les frottements, les contacts ou le comportement réel des capteurs, et c'est précisément cet écart qui a fait échouer des générations de simulateurs robotiques avant elle.
La promesse d'un monde d'entraînement infini vaut ce que vaudra sa fidélité au réel, rien de plus, rien de moins. Avec quatre équipes qui se montent à Toronto, Zurich, Mountain View et Singapour, Veeda mise sur son pedigree scientifique pour attirer du capital avant de prouver quoi que ce soit sur le terrain. Le test viendra le jour où un de ses robots entraînés en simulation devra soulever une vraie caisse, dans un vrai entrepôt, sous un vrai éclairage.