UNREEL écrit le film plan par plan, pendant que le spectateur regarde
— AUDIOVISUEL
UNREEL diffuse une introduction toute faite puis génère la suite du programme au fil de la séance, chaque plan repartant de la dernière image du précédent. Le tarif public de l'infrastructure vidéo utilisée, une fois appliqué à une séance longue, rend l'estimation de coût affichée par le projet difficile à tenir.

Le spectateur lance la lecture, et le plan suivant n'existe pas encore. UNREEL diffuse d'abord une introduction préparée à l'avance, puis un showrunner logiciel écrit la suite du récit pendant que le modèle vidéo la génère, quelques secondes avant qu'elle ne s'affiche à l'écran. La mécanique tient sur un calcul simple : générer huit secondes de vidéo prend environ deux secondes et demie, moins de temps qu'il n'en faut pour les regarder. Cette marge sert de tampon et permet au flux d'avancer sans coupure visible.
Pour tenir la continuité d'un personnage ou d'un décor, chaque nouveau plan repart de la dernière image du précédent. C'est la méthode qu'un motion designer emploie déjà à la main pour prolonger un plan généré au-delà de sa durée native, ici automatisée et enchaînée en continu sur toute une séance. Le visage, le vêtement ou l'agencement d'une pièce peuvent glisser d'un bloc à l'autre, faute de mémoire couvrant l'ensemble du programme.
Le calcul économique affiché mérite qu'on s'y arrête. Le projet annonce une séance longue à un coût très bas, showrunner compris. Le tarif public de l'infrastructure vidéo utilisée, une fois appliqué à cette même durée, fait grimper la facture bien au-delà de cette estimation, sans qu'aucune remise ni condition particulière ne soit détaillée dans la documentation.
L'orchestration fait la différence : écrire juste assez de texte, lancer la génération assez tôt, transmettre la dernière image, garder une réserve d'avance devant le lecteur. Des chaînes vidéo générées en continu existaient avant ce projet, avec des mécaniques proches. UNREEL habille surtout cette mécanique d'un catalogue façon plateforme de streaming, affiches et genres compris.
Pour un réalisateur ou un motion designer qui travaille déjà l'extension d'un plan par sa dernière image, le projet montre où mène cette technique une fois transformée en flux continu et automatisé. Le code reste un projet de développeur, sans licence formalisée ni version distribuée, à surveiller le jour où son calcul de prix deviendra lisible.