Universal encadre le remix des fans, artiste par artiste, sans grille tarifaire

— Business

Universal Music Group et ElevenLabs annoncent un accord pluriannuel pour transformer des morceaux protégés en remix ou mashup, via une plateforme encore sans date ni tarif. L'accès dépendra d'artistes volontaires, pas d'un catalogue ouvert, et la répartition des revenus reste à écrire.

Universal encadre le remix des fans, artiste par artiste, sans grille tarifaire

Universal Music Group et ElevenLabs veulent transformer le remix de fan, longtemps toléré ou retiré au cas par cas, en produit commercial suivi et facturé. L'accord pluriannuel prévoit une plateforme grand public où des morceaux sous licence pourront être remixés, mélangés en mashups ou réinterprétés, avec des outils audio partagés pour les artistes et auteurs-compositeurs.

L'accès concernera les artistes qui choisissent d'y participer, pas l'ensemble du répertoire administré par Universal. Un titre empile plusieurs couches de droits, l'enregistrement, la composition, parfois la voix elle-même, et chacune peut appartenir à un ayant droit différent. Un mashup combinant deux chansons multiplie ces autorisations à obtenir.

Cette mécanique de droits empilés est le quotidien d'un réalisateur publicitaire qui négocie la synchronisation d'un titre connu pour une campagne de marque. Il connaît déjà la différence entre obtenir le master et obtenir l'édition, entre licencier une mélodie et licencier l'image d'un artiste. L'accord Universal-ElevenLabs formalise pour le grand public une grille de permissions que les studios remplissent déjà ligne par ligne dans un devis de musique de film publicitaire.

Aucun barème de rémunération n'a filtré, ni la manière dont un fan pourra exporter, publier ou monétiser sa création. Udio avait déjà restreint le téléchargement après son propre accord avec Universal, au grand mécontentement de ses utilisateurs. Rien n'indique que la nouvelle plateforme évitera ce même resserrement une fois lancée.

Comparé à l'ancien flou juridique où les remixes de fans circulaient sans cadre, cette structure organise enfin un circuit de licence. Elle ne dit rien du niveau de contrôle réel laissé aux artistes sur leurs propres morceaux, ni du prix que devra payer un fan pour transformer légalement un titre qu'il aime.

Le signal à surveiller n'est pas la plateforme elle-même, mais son effet sur le marché de la synchronisation musicale publicitaire. Si le remix de fan devient un produit standardisé et facturé, le tarif d'un usage professionnel pourrait s'aligner sur une nouvelle échelle de prix, fixée cette fois par les maisons de disques elles-mêmes.

Sources

Umiros Média