Un agent d'ingénierie enchaîne CAO et simulation, facturé 500 dollars par mois
— AGENTS
Prism fait piloter par un seul agent la conception, le calcul et la rédaction du rapport, là où un bureau d'études jongle habituellement entre plusieurs logiciels. L'offre grimpe à 500 dollars par utilisateur et par mois, et les fichiers locaux transitent quand même par un service distant pour que l'agent les lise.

Un ingénieur décrit la pièce qu'il veut, et l'agent enchaîne la géométrie, le maillage, le calcul et le rapport. Prism, lancé par Navier AI le 3 novembre sur Windows, macOS et Linux, vise un problème très concret des bureaux d'études : chaque modification d'une pièce oblige à refaire le maillage, reparamétrer le calcul et retransférer les résultats dans une présentation.
Le public visé n'est pas celui des directions artistiques mais des ingénieurs mécaniciens, thermiciens ou spécialistes des fluides, ceux qui préparent des études de refroidissement, de vibration ou de résistance avant qu'un produit parte en fabrication. La plateforme fait tourner douze familles de solveurs externes, dont OpenFOAM et CalculiX, en plus de son propre moteur Ferro. C'est une orchestration de logiciels métiers très spécialisés, pas un outil de création.
Ce genre de montage compte quand même pour qui suit l'évolution des suites logicielles professionnelles. Un agent capable de faire circuler une même demande entre conception, calcul et rédaction, facturé 500 dollars par mois et par utilisateur, fixe un prix de référence pour ce que vaut l'automatisation d'une chaîne d'outils spécialisés. D'autres métiers équipés de suites coûteuses, packaging compris, verront tôt ou tard ce même raisonnement appliqué à leurs propres logiciels de validation technique.
La promesse du stockage local mérite un bémol. Les géométries et résultats restent sur le disque de l'utilisateur, mais le contenu que l'agent lit pour travailler passe par le service distant de Navier AI, et la connexion reste nécessaire pour s'identifier et lancer l'agent. Garder ses fichiers chez soi ne dispense donc pas d'un aller-retour vers un serveur externe à chaque session.
Le mode manuel impose une validation à chaque modification, mais le réglage de départ accepte automatiquement créations et éditions de fichiers. La supervision existe sur le papier, elle demande un réglage volontaire pour devenir réelle au quotidien.
Ce que Prism prouve, c'est qu'un agent peut déjà tenir une chaîne d'ingénierie complète du dessin au rapport, à condition d'accepter un abonnement élevé et une dépendance réseau permanente. L'ingénieur reste responsable des hypothèses physiques derrière chaque résultat, et les fichiers conservés servent justement à les vérifier plutôt qu'à les croire sur parole.