Solaris fait naître l'interface à chaque clic, sans écran préparé

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Runway présente Solaris, un modèle qui génère l'écran d'une application au fil des gestes de l'utilisateur, image par image. La démonstration vise la boutique virtuelle et l'espace de marque interactif, loin d'un produit accessible aujourd'hui.

Solaris fait naître l'interface à chaque clic, sans écran préparé

Une vitrine qui se réinvente selon la façon dont on la touche, voilà ce que propose Solaris. Runway remplace la succession d'écrans fixes par une scène qui se dessine en continu, pilotée par les clics, les gestes et la voix. L'application ne charge plus des pages préparées, elle fabrique l'image suivante à partir de celle qui vient de s'afficher.

Le scénographe d'expérience de marque et le designer produit tiennent ici le premier rôle. Runway cite justement l'exemple d'une boutique virtuelle où l'on dépose un vêtement sur sa propre silhouette, où l'on déplace les produits, où l'on réorganise le magasin sans qu'aucun de ces gestes ait été programmé un par un. Le même principe s'applique à un plateau où l'on assemble des ingrédients ou à un tableau qui capte le style de dessin de l'utilisateur. Le brief de demain pour ces métiers ne consisterait plus à câbler des interactions, mais à décrire un état initial et à laisser le système inventer ce qui doit s'y passer.

La preuve que Runway avance repose sur une comparaison entre Solaris et une interface codée par un autre modèle à partir de la même image et de la même consigne. Sur près de 7 500 réponses recueillies auprès de 250 participants, Solaris a été jugé plus fidèle à la demande dans 61 % des cas contre 24 % pour la version codée. Un écart net, mais mesuré par Runway lui-même, sur des interactions choisies par Runway.

La réserve la plus solide tient au texte. Une scène générée en continu peine encore à afficher une information écrite qui reste stable et lisible, ce qui condamne pour l'instant tout usage où un prix, une taille ou une notice doit rester fiable à l'écran. Runway parle déjà de systèmes hybrides mêlant zones génératives et éléments classiques pour contourner ce point.

Solaris vaut comme démonstration de recherche, pas comme outil de production. Aucun accès public, aucun tarif, aucun calendrier ne l'accompagne, et la cohérence d'une scène sur une session longue reste un chantier ouvert. L'idée mérite d'être suivie malgré tout, parce qu'elle déplace le travail de conception d'expérience retail ou de scénographie de marque d'un empilement d'écrans vers la mise en scène d'un environnement vivant.

Le designer produit qui pense déjà en systèmes plutôt qu'en maquettes fixes a intérêt à observer comment Runway comblera l'écart entre la démonstration et la mise en production réelle.

Sources

Umiros Média