Scuba transforme les décisions éparpillées d'une équipe en mémoire pour les agents IA
— AGENTS
Deux anciens de Slack lèvent 34 millions de dollars pour que ChatGPT, Claude ou Cursor retrouvent les préférences client et les décisions prises en réunion. L'agence créative, qui perd un temps fou à reconstituer l'historique d'un brief, est la première visée par ce type d'outil.

Un directeur artistique qui prépare une nouvelle proposition pour un client récurrent passe souvent plus de temps à retrouver les validations passées qu'à concevoir. La préférence pour telle palette, le refus d'un format l'an dernier, la remarque glissée en réunion et jamais notée ailleurs : tout cela vit dans Slack, dans des PDF, dans des visios. Scuba promet d'en faire une mémoire que les agents peuvent interroger directement.
Le principe tient en une idée simple. Les Captures enregistrent documents, messages, images ou notes vocales, avec une transcription possible pour un enregistrement audio d'une heure et demie. Ces éléments se regroupent automatiquement en Collections par client ou par projet, sans que personne n'ait à tenir une documentation à jour. Pour une agence qui jongle avec dix comptes en parallèle, c'est exactement le type de tâche ingrate que personne ne fait correctement.
La connexion avec ChatGPT, Claude ou Cursor via un protocole d'échange standard change la portée du projet. Un assistant chargé de préparer une proposition commerciale peut retrouver les préférences d'un client ou les conclusions d'une réunion antérieure, sans que le chef de projet ait à tout réexpliquer à chaque session. C'est la promesse d'un agent qui arrive déjà au courant du dossier, plutôt qu'un stagiaire qu'il faut rebriefer chaque matin.
La confidentialité reste le point sensible. Centraliser des échanges stratégiques et des informations clients pour les rendre accessibles à plusieurs agents suppose une gestion précise des autorisations, et rien dans l'annonce ne détaille comment Scuba isole les dossiers sensibles d'un client à l'autre. Une agence qui travaille pour des marques concurrentes voudra des garanties avant de brancher cet outil sur ses canaux internes.
L'équipe de dix personnes affirme coordonner ses propres projets avec moins de deux heures de réunion par semaine grâce à cette mémoire partagée. Le chiffre vient d'elle-même et mérite d'être pris pour ce qu'il est, une démonstration interne plutôt qu'un résultat vérifié chez un client. Aucune grille tarifaire n'existe encore, et l'accès en bêta se fait équipe par équipe.
L'idée mérite d'être suivie de près par toute structure créative qui perd des heures à reconstituer l'historique d'un compte avant chaque rendu. Reste à voir si l'outil tiendra sa promesse une fois confronté à la masse réelle de fichiers, de retours clients et de versions qui encombrent un studio en pleine production.