Recursive fait concevoir son modèle de code par une IA de recherche automatisée
— AGENTS
Flint, le premier modèle de programmation de Recursive, tourne entièrement sur un ordinateur portable et promet la vitesse d'un modèle léger avec le niveau d'un modèle lourd. Sa particularité tient surtout à sa fabrication : une bonne partie des choix d'architecture a été confiée à Eureka Machine, un système conçu pour mener ses propres expériences de recherche.

Un modèle de programmation qui tient dans un MacBook Pro et génère du code à plus de cent vingt-cinq mots par seconde, soit à peu près le débit d'une personne qui dicterait un script sans s'arrêter. C'est la promesse de Flint, premier produit de Recursive, la société fondée par Richard Socher. Pas de centre de données, pas de facture à l'appel, le code reste sur la machine du développeur.
Le public visé est clair : les équipes qui travaillent sur des bases de code confidentielles ou qui veulent sortir d'une facturation à l'usage sur les assistants hébergés dans le cloud. Flint analyse un dépôt, corrige des bugs, écrit des tests, enchaîne plusieurs étapes sans reconnexion permanente à un serveur distant. Pour un studio technique qui développe ses propres outils internes, c'est une ligne de budget qui change de nature, pas un abonnement mensuel mais une machine achetée une fois.
L'élément qui mérite l'attention dépasse pourtant le produit lui-même. Recursive explique avoir construit Flint avec l'aide d'Eureka Machine, un système chargé de proposer des hypothèses d'architecture, de les tester et d'orienter les choix suivants à partir des résultats. Une équipe réduite de chercheurs a ainsi fait évoluer une première version à trente-cinq milliards de paramètres vers une version plus grande en mémoire mais plus légère à exécuter, en quatre mois. La recherche en modèles de langage commence à se chronométrer en semaines plutôt qu'en années de laboratoire.
Les scores avancés par Recursive, sur des tests de programmation en conditions d'agent, restent produits et mesurés en interne, sans reproduction indépendante publiée à ce stade. Un bon chiffre maison ne vaut jamais un classement vérifié par des tiers.
Aucun studio créatif ne va installer Flint demain pour générer un visuel ou monter une vidéo. Le sujet concerne d'abord les équipes techniques et les labs qui construisent les futurs outils. Mais une méthode qui réduit le temps et le coût de conception d'un modèle fini toujours par irriguer les produits grand public: générateurs d'images, moteurs de montage, assistants créatifs inclus. Si l'automatisation de la recherche tient ses promesses, les prochaines générations d'outils créatifs sortiront plus vite et coûteront moins cher à faire tourner, sans que personne n'ait besoin de le savoir pour en profiter.