Ontology 1, le moteur qui comprend l'intention, pas les mots-clés
— Business
Le nouveau moteur de recherche d'Onton interprète des requêtes floues sur le style ou l'usage d'un produit, plutôt que de matcher des mots-clés, avec de meilleurs résultats que Google Shopping ou Amazon sur un test interne. Ce qui m'intéresse ici n'est pas le tapis anti-vomi de chat, mais la fin annoncée de la recherche par tags.

Un panier à linge qu'on ne détestera pas regarder pendant dix ans : la requête fait sourire, mais elle résume bien le problème que résout Ontology 1. Les moteurs classiques cherchent des mots dans une fiche produit. Celui-ci cherche une intention, un style, une contrainte qu'on n'a jamais su formuler en filtre. Le glissement est là : on passe d'une recherche par étiquette à une recherche par ressemblance de sens.
Ce modèle vise le e-commerce de la décoration, pas un outil de création à proprement parler. Mais un designer produit ou un décorateur qui construit une bibliothèque de références sait ce que coûte une recherche mal indexée : des heures perdues à reformuler une requête pour retomber sur le même mobilier déjà vu vingt fois. Difficile de ne pas y voir un signal plus large : le jour où ce type de recherche par intention migre vers les banques d'images ou les bibliothèques d'assets qu'un studio utilise déjà, le classement par mots-clés qu'on subit tous aujourd'hui deviendra vite dépassé.
Reste que le test qui sert de vitrine à Onton porte sur 90 recherches maison, dans un seul secteur, avec un catalogue plus restreint que ceux de ses concurrents. Gagner 52 requêtes sur 90 dans ces conditions n'a rien d'une démonstration universelle, et rien ne dit que le système tient la charge sur des millions de références disparates.
Sur le fond, l'apport me semble réel : sur dix résultats proposés, un peu plus de six correspondent vraiment à la demande, contre environ cinq pour Google Shopping. Ce n'est pas un gouffre, mais c'est la preuve qu'une recherche construite sur le sens plutôt que sur le mot-clé peut battre des géants sur leur propre terrain, à condition d'accepter un catalogue plus modeste.
Ce que je retiens surtout, c'est que la recherche par tags a un horizon limité, et que les outils créatifs qui reposent encore dessus, moodboards compris, devront un jour s'aligner sur cette logique d'intention. La question à se poser dès maintenant, c'est combien de temps sa propre bibliothèque de références tiendra encore sur un système de mots-clés.