OJO assemble une équipe d'agents IA pour cadrer un produit avant de dessiner l'écran

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OJO fait remonter le travail de design en amont du prototype, jusqu'au cadrage produit et au document d'exigences, via plusieurs agents spécialisés réunis sur un même canvas. La promesse d'un goût conçu par des skills mérite d'être mesurée à l'aune des contradictions que plusieurs agents peuvent produire ensemble.

OJO assemble une équipe d'agents IA pour cadrer un produit avant de dessiner l'écran

Le rendu visuel généré à partir d'une simple consigne cesse d'être ce qui distingue les outils de design IA entre eux. OJO déplace la bataille plus tôt dans le processus, vers le cadrage du produit, la définition du public et la rédaction du document d'exigences, avant même la première interface. Le canvas garde la trace de chaque décision jusqu'au prototype, ce qui change la nature de l'outil : d'un générateur d'écrans, il devient un espace de production partagé.

Le designer produit et le UX designer sont les premiers concernés par cette bascule. Un brief flou, du type trouver des activités locales près de chez soi, se transforme ici en six écrans reliés, de la découverte d'une activité jusqu'à l'inscription, après un passage obligé par la définition du public et la réduction du périmètre du produit minimal. Cette étape de cadrage, souvent facturée en heures de réunion et d'allers-retours avec le client, se retrouve compressée dans un seul outil, avec des commentaires posés directement sur les éléments à revoir.

Google Stitch propose déjà un canvas infini reliant idée et prototype fonctionnel, et Figma fait travailler des agents guidés par des compétences directement dans ses fichiers. La différence avancée par OJO tient à la mise en scène d'une équipe de rôles distincts, chacun chargé d'une tâche précise, plutôt qu'à une fonction technique inédite.

La promesse d'un goût qui se programme via des règles de marque et des critères de revue mérite d'être tempérée. Ces réglages rendent les choix plus cohérents d'un écran à l'autre, sans transformer le jugement esthétique en donnée mesurable. Plusieurs agents travaillant sur le même projet peuvent tout aussi bien multiplier les validations et les versions contradictoires à trancher. La politique de confidentialité ajoute un point de vigilance concret : les références de marque envoyées à l'outil peuvent nourrir l'amélioration des modèles, avec un refus qui ne joue que pour les usages futurs.

OJO reste en bêta privée, avec accès sur liste d'attente et facturation aux crédits. Avant de le glisser dans un devis client, la solidité du code exporté et la tenue d'un système de design cohérent sur un projet complexe restent à vérifier hors de la démonstration de lancement.

Sources

Umiros Média