Manus quitte Meta sous la pression de Pékin, huit mois après le rachat

— Business

Meta avait racheté l'agent IA Manus pour plus de deux milliards de dollars fin décembre, avant que la Chine n'impose de défaire l'opération quatre mois plus tard. Des comptes utilisateurs ont perdu l'accès à leurs données pendant deux jours le temps de la séparation, sans qu'aucune précision ne soit donnée sur les pays concernés.

Manus quitte Meta sous la pression de Pékin, huit mois après le rachat

Un rachat de plus de deux milliards de dollars, bouclé fin décembre, vient d'être défait sous ordre des autorités chinoises. Meta avait déjà intégré des équipes de Manus à Singapour, sorti les investisseurs historiques du capital, commencé à faire tourner cette technologie d'agent dans ses locaux. Huit mois plus tard, tout revient en arrière : équipes, systèmes, contrats, données à démêler un par un.

Manus ne fabrique pas de modèle de fondation. Son produit orchestre des outils existants pour mener une tâche jusqu'au bout : recherche, analyse de données, construction d'une application, automatisation d'un enchaînement de tâches. C'est ce type de brique qui commence à s'installer dans les studios sous forme d'agents capables de préparer un livrable ou de router un fichier sans supervision constante. La leçon de ce dossier tient moins à l'outil qu'à ce qui se cache derrière : une entreprise hébergée à Singapour, utilisée par des équipes ailleurs dans le monde, reste rattrapable par la juridiction de son pays d'origine.

La conséquence la plus concrète pour quiconque confie ses fichiers à un service cloud tient dans un détail technique : Manus a demandé à certains utilisateurs de sauvegarder leurs données avant de les supprimer entre le 23 et le 24 août, le temps de rebasculer vers une infrastructure hébergée aux États-Unis et à Singapour. Deux jours sans accès au service, une restauration possible depuis un portail dédié, aucune date limite fixée. Rien n'indique quels pays ou quels comptes étaient concernés.

Aucun chiffre n'accompagne le nouvel actionnariat de Manus, ni la répartition de ce qui a été conservé ou effacé côté Meta. L'entreprise doit désormais financer seule une croissance qui reposait en partie sur la distribution promise par un groupe bien plus large.

Ce genre d'épisode rappelle qu'un outil d'agent séduisant sur le papier repose souvent sur une structure d'entreprise fragile, à la merci d'un rapport de force entre deux États. Avant d'y brancher un pipeline de production, mieux vaut vérifier qui possède réellement le service et où sont hébergées les données qu'on lui confie.

Sources

Umiros Média