Magnific mise sur le luxe et réorganise ses équipes autour de la vidéo
— Business
Face à Midjourney, GPT 2 ou Nano Banana 2, Magnific One revendique une préférence des testeurs dans deux cas sur trois lors d'un test en duel organisé par l'entreprise. Son CEO Joaquín Cuenca assume une cible haut de gamme pour la mode et le luxe, quitte à avoir supprimé cinq postes pour en recréer ailleurs, en vidéo et en vente.

Lors de l'Upscale Day Paris, Magnific a présenté Magnific One, un modèle image taillé pour les exigences de la couture, du cuir travaillé, de la matière. L'entreprise mise sur un chiffre: dans un test en duel organisé par ses soins, les images de Magnific One sont choisies plus souvent que celles de Midjourney, dans environ deux cas sur trois. Un argument de qualité, destiné aux maisons qui travaillent le drapé et le détail plutôt que le volume de contenu.
Pour un directeur artistique en maison de luxe, le repère vient de la bouche de Cuenca lui-même: sur les dossiers difficiles, cuir, poids des matières, couture, son équipe débloque le résultat dans environ neuf cas sur dix. Cette marge d'échec change la manière de chiffrer un brief, avec un budget de reprise manuelle à prévoir même en passant par l'outil le plus affiné du marché sur ce terrain. Pour les marques qui doivent nourrir leurs comptes avec une direction artistique très cadrée, l'intérêt tient à rester dans un seul outil pour générer des séries d'images cohérentes, sans repasser par les logiciels habituels, un gain de temps réel sur une étape qui occupe aujourd'hui des graphistes entiers.
Chez Magnific, le virage se lit aussi dans l'organigramme. Cinq postes ont disparu, certains liés à la direction artistique ou à la traduction, des métiers que l'IA a directement remplacés en interne. Dans le même mouvement, l'entreprise a recruté des experts audio et photo pour construire son offre vidéo, et repositionné près de cinquante personnes vers la vente et l'accompagnement client. Le signal est net: l'IA déplace la valeur vers la vente et l'intégration, loin de la production pure, et ce sont des compétences nouvelles, l'audio, la vidéo, qui recrutent aujourd'hui chez un éditeur d'image.
Le chiffre de 68,5% vient d'un test construit par Magnific elle-même, sur une sélection de modèles concurrents choisis par ses soins. Un résultat à lire comme un argument commercial construit sur mesure, encore à confirmer par des comparatifs tenus par des tiers.
Pour un studio travaillant déjà la mode ou la beauté, le pari vaut d'être testé sur un brief réel, cuir ou drapé, avant d'y loger un budget de production entier. La convergence annoncée entre film publicitaire et marketing reste à l'état de promesse, portée par un outil qui gagne du terrain plus vite que les usages ne se stabilisent autour de lui.