Lyria 3.5 : moins un jukebox IA, plus un fournisseur de pistes exploitables

— AUDIOVISUEL

Google DeepMind met à jour son modèle musical Lyria dans Flow Music, avec des voix plus expressives, un contrôle du tempo au BPM près et un export des pistes séparées. Je vois surtout, derrière l'argument créatif, un outil qui se rapproche enfin d'un vrai poste de travail musical.

Lyria 3.5 : moins un jukebox IA, plus un fournisseur de pistes exploitables

Ce qui change avec cette version, ce n'est pas la qualité d'un morceau généré en un clic, c'est ce qu'on peut en faire après. Jusqu'ici, la musique générée par IA restait souvent un bloc figé, plaisant à écouter mais impossible à retoucher sans tout refaire. Lyria 3.5 introduit l'export des pistes séparées, voix, batterie, basse, et un réglage du tempo jusqu'au BPM exact.

Ce détail change concrètement la vie d'un monteur son ou d'un compositeur qui travaille sur une publicité. Le brief typique impose une durée figée, un calage précis sur les temps forts du montage image, et souvent un allègement de la batterie sur une scène plus intime. Avec des pistes séparées, ce travail se fait dans un logiciel de production musicale classique, sans dépendre entièrement de ce que l'IA a décidé de mixer. Je le vois moins comme un générateur de musique finie que comme un fournisseur de matière première déjà dégrossie.

Reste que l'annonce sur les paroles, censées mieux respecter le style, l'ambiance et la structure demandés, est une promesse marketing avant d'être une réalité de studio. Rien ne dit encore que le respect d'une consigne texte tienne la distance sur un couplet entier, et c'est justement le genre de détail qui se vérifie à l'usage, pas sur une fiche produit.

L'apport réel, à mes yeux, tient moins à la richesse annoncée des arrangements qu'à cette bascule vers un outil qui accepte d'être découpé et repris. Une musique générée qu'on ne peut pas remixer reste un gadget d'illustration sonore. Une musique dont on récupère les stems devient un point de départ crédible pour un habillage publicitaire ou un fond de motion design, avec une ligne de devis qui change de nature : moins de temps de composition, mais plus de temps de mixage et d'ajustement.

La vraie question, pour un compositeur ou un monteur son qui doit livrer un morceau calé au cadre près, n'est plus de savoir si l'IA sonne bien. C'est de savoir à partir de quelle étape du flux de travail il accepte de lui faire confiance.

Sources

Umiros Média