Lucy 2.6 habille un vendeur en direct sans couper le flux vidéo
— AUDIOVISUEL
Decart peaufine son modèle de retouche vidéo en temps réel : vêtements, visages et objets restent fidèles à une image de référence pendant que le présentateur continue de bouger. La minute de direct coûte 1,20 dollar, un calcul que tout responsable e-commerce en live shopping devra désormais intégrer à son devis.

Un présentateur de live shopping change de tenue sans quitter le plateau, le flux vidéo recompose l'image à sa place. C'est le scénario que Decart met en avant pour Lucy 2.6, et il parle directement à quiconque anime une vente en direct ou un stream de marque. Jusqu'ici, faire essayer plusieurs pièces d'un catalogue demandait soit une vraie tenue, soit une coupure pour changer de plan. Cette version promet de garder le visage, les proportions et la matière d'un vêtement reconnaissables pendant que la personne parle et bouge devant la caméra.
Le vendeur en direct devient donc l'opérateur naturel de cet outil. Il peut afficher une pièce de catalogue, l'échanger contre la suivante, ajouter un accessoire généré dans sa main, tout en continuant d'échanger avec les spectateurs. La consigne, texte ou image de référence, se remplace en cours de session sans reconnecter le flux. Cela ouvre un usage très concret : réagir en direct à une demande du public, changer d'apparence ou de produit affiché à la volée.
Le tarif reste le point qui structure l'usage réel. Une minute de direct en mode standard coûte 1,20 dollar, un montant qui s'additionne vite sur une session de plusieurs heures. Le mode rapide double ce coût pour gagner en fluidité, sans gain de qualité annoncé. L'édition de vidéos déjà enregistrées suit une autre grille tarifaire, ce qui oblige à distinguer clairement, dès le devis, un direct d'un clip retravaillé après coup.
La fragilité se loge dans la continuité de la scène. Le modèle s'appuie sur ses propres images récentes pour garder une apparence stable, mais ce mécanisme déraille dès qu'une autre personne entre dans le cadre ou que le décor change brutalement. Decart recommande alors de couper cette mémoire d'image, ce qui impose de relancer la session en plein direct, au pire moment pour un vendeur face à son audience.
L'outil tient sa promesse sur un terrain précis, celui d'une scène fixe et d'un seul intervenant. Pour un format de live shopping classique, un présentateur, un produit, un décor stable, le gain de temps sur les changements de tenue est réel et mesurable en minutes de tournage économisées. Reste à voir combien de sessions tiennent vraiment cette promesse de stabilité sur la durée d'un direct complet.