Lucy 2.5 maîtrise enfin les retouches vidéo en mouvement continu
— AUDIOVISUEL
Decart franchit un cap technique : son modèle Lucy 2.5 stabilise les modifications visuelles sur des flux vidéo 1080p, même lors de mouvements rapides de caméra. Cette capacité à maintenir la cohérence des outputs sans dérive ouvre des workflows publicitaires jusqu'alors impossibles à itérer en temps réel.

Retoucher une vidéo, c'était lancer un rendu et patienter. Lucy 2.5 supprime le rendu. Le système signé Decart travaille en direct, image par image, à la volée. Aucune séquence n'est pré-calculée. Chaque trame sort en 1080p, à trente images par seconde, pendant que le flux tourne.
Le catalogue de retouches suit la même logique du direct. Remplacer un personnage. Modifier une tenue. Faire disparaître un objet, refondre un décor, greffer des effets qui respectent la physique de la scène. Le tout se pilote par une consigne textuelle et quelques images de référence. Pas d'export intermédiaire, pas de couche à recomposer.
Le verrou technique porte un nom : le Self-Anchoring. Les modèles autorégressifs dérivent avec le temps ; l'image finit par s'éloigner de la commande initiale. Lucy prend un instantané de sa propre sortie, juste après le lancement du flux, et s'en sert d'ancre. La retouche tient alors plusieurs minutes — et survit même à un sujet qui quitte le cadre avant d'y revenir.
Sous le capot, l'inférence est taillée pour la vitesse : quantification basse précision en MXFP8 et NVFP4, avec des gains annoncés jusqu'à quatre fois sur les opérations limitées par le calcul, attention éparse dynamique, fusion de kernels. De quoi viser l'essayage virtuel côté commerce, les variantes publicitaires localisées, le streaming interactif, le jeu vidéo. Reste une question : un flux qui ne se fige jamais peut-il vraiment garantir une image qui, elle, ne bouge plus ?