Kickart : une fiche produit devient pub vidéo, sans plateau ni monteur

— AUDIOVISUEL

BytePlus ajoute Kickart, un agent qui transforme un lien produit ou une image en scripts, storyboards puis vidéos publicitaires multi-styles, avec déclinaison en masse et publication directe. L'automatisation vise moins la qualité créative que le volume, et c'est précisément ce qui devrait inquiéter les motion designers qui vivent du contenu social commerce.

Kickart : une fiche produit devient pub vidéo, sans plateau ni monteur

Un lien de fiche produit qui entre, une vidéo publicitaire qui sort, scriptée, storybordée, déclinée en plusieurs styles. Voilà ce que propose Kickart, le nouvel agent de BytePlus, la branche entreprises de ByteDance. Le glissement n'est pas dans la qualité de rendu, il est dans la suppression d'étapes entières : plus besoin de brief créatif transmis à un prestataire, l'algorithme fait le pont entre la fiche produit et le livrable diffusable.

Le métier qui encaisse ce changement, c'est celui du motion designer ou du monteur qui vit de la production de contenus social commerce, ces vidéos de témoignage ou d'unboxing commandées par lots pour les marques e-commerce. Cette production répétitive, à faible marge mais à fort volume, constituait justement une part du chiffre d'affaires de nombreux freelances et petites structures. Kickart s'attaque à ce segment précis, celui où le brief tient en une ligne et où le client ne demande pas d'audace, juste du débit.

Reste que le mot vidéo publicitaire recouvre ici des formats standardisés, calqués sur des tendances déjà identifiées, une fonction dédiée permettant même de cloner un effet visuel en un geste. Rien n'indique que l'outil sache gérer un brief de marque avec des contraintes d'identité visuelle fortes, ni négocier les allers-retours créatifs qui font la valeur ajoutée d'un vrai motion designer. La déclinaison en masse produit du volume, pas nécessairement de la singularité.

C'est bien là que se joue l'apport réel : pour une marque qui a besoin de dix variantes d'une même publicité pour tester ses audiences, l'argument économique devient difficile à ignorer, surtout avec une remise annoncée jusqu'à 66 % pour les nouveaux comptes. Ce que ça menace, ce n'est pas le haut de gamme de la production publicitaire, c'est tout l'étage intermédiaire, celui des vidéos de test et de volume qui faisaient vivre une partie du secteur sans jamais faire sa réputation.

Reste à savoir combien de clients accepteront encore de payer un motion designer pour une tâche qu'un agent facture en marge d'un abonnement cloud.

Sources

Umiros Média