Google donne à son agent familial un compte, une mémoire et des permissions
— AGENTS
CC quitte le compte individuel pour devenir un agent à part entière, avec identité vérifiée et mémoire partagée entre six membres d'un foyer. Le partage reste volontaire, mais la conservation des souvenirs et leur suppression ne sont détaillées nulle part.

CC change de nature. L'agent conçu pour organiser la boîte mail d'une seule personne devient un compte Google à part entière, capable de rejoindre un agenda partagé, de recevoir des messages et d'apparaître dans Google Chat sous sa propre identité. Un groupe peut réunir jusqu'à six membres, et chacun choisit séparément ce qu'il transmet à l'agent avant qu'il en tire une vue commune des rendez-vous et des tâches.
Cette version reste réservée aux familles américaines majeures inscrites via Google Labs, avec un accès prioritaire pour les abonnés Google AI Ultra. Aucun graphiste ni monteur ne va planifier un tournage avec CC. Ce qui compte se joue ailleurs: Google construit là un modèle de gouvernance pour agents partagés, avec compte propre, permissions par expéditeur et mémoire séparée entre données collectives et individuelles. Ce sont exactement les briques qu'il faudra pour faire tourner un agent Gemini dans un espace Workspace utilisé à plusieurs, calendrier de studio et dossiers Drive partagés compris.
L'annonce laisse un trou net sur la durée de conservation des souvenirs et sur la manière de supprimer une information mémorisée par erreur. L'agent traite pourtant des adresses, des rendez-vous médicaux et des documents scolaires concernant des mineurs, sans que Google publie la moindre mesure de son taux d'erreur sur ce type d'extraction.
Le compte séparé et le partage volontaire posent un principe de traçabilité plus lisible qu'un accès générique donné au nom d'un utilisateur. La vraie épreuve tiendra à la durée: un agenda familial change sans cesse, les inscriptions s'annulent, les lieux varient. Une mémoire commune qui ne se met pas à jour finit par produire une apparence d'organisation autour de données périmées, et renvoie aux membres le travail de vérification que l'agent devait leur retirer.
Pour une agence qui confie déjà ses plannings et ses fichiers à Google Workspace, la question n'est pas de savoir si ce type de permissions granulaires arrivera un jour sur un compte professionnel, mais dans combien de temps il faudra composer avec un agent qui possède sa propre identité dans les outils du studio.