Google DeepMind se réorganise, la cadence Gemini s'annonce plus rapide
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Demis Hassabis lâche la gestion quotidienne de Google DeepMind pour la stratégie et la recherche, Koray Kavukcuoglu prend les rênes opérationnelles des modèles Gemini. Deux chercheurs historiques quittent Google pour monter leur propre structure, signe qu'une partie du savoir-faire qui a construit ces modèles se disperse déjà ailleurs.

Un changement de direction chez un géant du logiciel ressemble rarement à une information qui concerne un studio de création. Celui-ci mérite pourtant un regard, parce que Google DeepMind pilote Gemini, l'application qui revendique aujourd'hui 950 millions d'utilisateurs mensuels, soit à peu près la population cumulée de plusieurs continents qui tape des prompts chaque mois dans un outil que beaucoup d'agences utilisent déjà pour du texte, du brainstorm ou de la recherche visuelle.
Demis Hassabis passe la main sur l'opérationnel pour se consacrer à la stratégie et à la recherche fondamentale, tandis que Koray Kavukcuoglu récupère la responsabilité directe des modèles Gemini et des équipes qui les font tourner. Ce genre de bascule de commandement précède presque toujours une accélération du rythme de sortie, et Gemini 4 est déjà cité comme prochaine étape. Pour quiconque construit un outil ou un plugin autour de l'API Gemini, ou dépend d'un assistant intégré à sa suite bureautique, la promesse d'une cadence plus soutenue pèse directement sur le calendrier de mise à jour de ses propres flux de travail.
Le départ de Jeff Dean et Sanjay Ghemawat, après vingt-sept ans de maison pour le premier, complique un peu le tableau. Les deux chercheurs quittent Google pour fonder une structure indépendante, avec Google comme investisseur et partenaire cloud. Une réorganisation interne ne garantit jamais qu'un futur modèle sortira plus vite ou mieux, et la création d'une entité à part entière par deux figures aussi centrales dit surtout qu'une partie de l'expertise qui a fait Gemini se répartit désormais sur plusieurs entreprises plutôt que sur une seule.
Ce mouvement compte pour le rapport de force entre plateformes plus que pour un usage immédiat en studio. Un marché où les cerveaux qui ont conçu les modèles fondateurs se dispersent laisse entrevoir plus de concurrence, donc potentiellement plus de choix et de pression sur les prix des outils qui tournent derrière les interfaces créatives. Rien de tout cela ne change une ligne de brief demain matin, mais le paysage des fournisseurs sur lequel repose une bonne partie de la production assistée par IA se redessine, et c'est ce paysage qui fixera dans deux ans le coût et la disponibilité des briques déjà utilisées sans y penser.