Frameboy transforme le repérage de décor en promenade générée en direct

— AUDIOVISUEL

World Labs diffuse ses décors générés en streaming et laisse la caméra bouger pendant que l'image se construit, vue après vue. Le repérage de tournage gagne un geste immédiat, mais l'import de ses propres photos attend encore l'ouverture de Viewfinder, resté en liste d'attente.

Frameboy transforme le repérage de décor en promenade générée en direct

L'ancienne manière de faire pose des points de passage, lance le calcul, puis attend la vidéo pour juger le trajet de caméra. Frameboy renverse l'ordre : la caméra bouge d'abord, l'image suit en direct, vue après vue.

Pour un repérage virtuel de décor avant un tournage, ou pour l'exploration d'un plateau avant de poser la lumière, le scénographe ou le repéreur gagne un geste simple : avancer dans la pièce générée, tourner autour d'un meuble, revenir sur un angle qui marchait mieux, sans relancer de rendu à chaque essai.

La position et l'orientation de la caméra entrent directement dans le modèle, qui génère la vue suivante à partir du contexte déjà construit. Certaines scènes partent d'une seule photo, d'autres de plusieurs prises de vue d'un lieu réel, les zones manquantes étant comblées par génération. La cadence annoncée grimpe à quinze images par seconde, une fluidité suffisante pour suivre un mouvement de caméra à l'œil, en dessous du confort d'un jeu vidéo mais loin de l'attente d'un rendu classique.

La démonstration ouverte dans le navigateur reste limitée à des scènes choisies par l'équipe de World Labs. L'import de ses propres photos de repérage attend l'ouverture de Viewfinder, l'application de composition encore en liste d'attente. Le calcul des images tourne sur des serveurs loués dans le cloud, une facture que World Labs reconnaît plus lourde qu'un rendu local.

Comparée à une génération vidéo qu'il faut corriger après coup, cette navigation en direct change la façon de chercher un cadre : la caméra devient l'outil de recherche, l'écriture d'une consigne passe au second plan. L'idée vaut surtout tant qu'elle reste cantonnée à des décors tout faits ; son intérêt pour un repérage réel se jouera le jour où un chef décorateur pourra y glisser ses propres clichés de plateau.

Le premier test utile viendrait de là : charger les photos d'un lieu de tournage réel et voir si le modèle comble les trous assez bien pour remplacer une matinée de repérage sur place.

Sources

Umiros Média