Dreamina veut produire, financer et distribuer des films nés de son IA
— AUDIOVISUEL
Dreamina ouvre un programme qui suit un projet du scénario jusqu'aux salles, crédits de calcul, accompagnement juridique et recettes de distribution à la clé. Un réalisateur indépendant qui travaille déjà à l'IA gagne un accès à une chaîne complète, à condition d'accepter que la plateforme s'installe dans la production.

Un studio de génération vidéo annonce vouloir financer un long-métrage de bout en bout, du scénario à la sortie en salle. Dreamina Originals promet jusqu'à 15 millions de crédits de production pour un film sélectionné, de quoi couvrir l'intégralité du développement visuel sans repasser par une levée de fonds classique. L'appel à projets court d'octobre à décembre 2026 et vise aussi bien les sociétés de production que les créateurs solos qui travaillent déjà avec l'IA.
Le réalisateur indépendant est le premier concerné. Celui qui a déjà un scénario, un sample reel ou un court métrage avancé peut candidater et obtenir, en plus du calcul, un accompagnement sur le copyright et les autorisations liées à l'usage d'un visage généré. Pour un cinéaste qui travaillait jusque-là seul avec un abonnement et des crédits limités, c'est l'apparition d'un interlocuteur qui gère aussi le marketing, les festivals et le partage des recettes d'exploitation.
La partie série pousse la logique plus loin avec deux paliers. Le niveau S prend en charge les crédits sans plafond annoncé et cherche des sponsors ou partenariats de marque pour le projet. Le niveau A plafonne à 1 million de crédits par épisode, avec un budget média de 10 000 dollars à répartir entre YouTube, TikTok, Instagram et X. La plateforme ne distribue plus seulement de la puissance de calcul, elle négocie l'audience à la place du créateur.
Ce que le dispositif ne dit pas, c'est la part de propriété intellectuelle que la plateforme garde sur les œuvres qu'elle finance et accompagne jusqu'en salle. Un partage de recettes suppose un contrat, et ce contrat fixera qui décide de la diffusion, du format final, voire d'une suite. Accepter ce type de soutien revient à accepter que le studio de génération devienne coproducteur, avec tout ce que cela implique en droit de regard.
L'écart avec les programmes créateurs classiques, qui se limitaient à des crédits et un abonnement, est net. Dreamina Originals construit une filière complète de production audiovisuelle autour de son propre moteur, et un réalisateur qui y entre lie sa distribution au succès commercial de la plateforme elle-même. Le financement est réel, la dépendance l'est tout autant.