DeepMind accélère la chute programmée du RSA à 1024 bits
— ÉTHIQUE
Des chercheurs de Google DeepMind ont rejoué une attaque sur une clé RSA de 1024 bits déjà étudiée, en divisant le travail de calcul par 3,5 grâce à des agents qui pilotent eux-mêmes le cluster. Le format de signature testé laisse, selon les cas, un coût divisé par 1600, un chiffre qui raccourcit la durée de vie utile d'un standard présent derrière toutes les mises à jour logicielles.

Quatre milliards de requêtes envoyées à un simulateur de signature, puis un calcul confirmé par la clé publique : l'expérience ressemble à un exercice d'école, mais elle mesure un déplacement réel. Google DeepMind a repris une clé RSA de 1024 bits dont les facteurs étaient déjà connus des chercheurs, et a chronométré combien de travail il fallait pour la faire céder avec des agents qui préparent le plan, écrivent le code et corrigent les erreurs sans intervention humaine à chaque étape.
Le résultat tient en un chiffre : le temps de calcul nécessaire est divisé par 3,5 par rapport à l'expérience de référence, et par environ 1600 dans le scénario le plus favorable à l'attaquant, celui où il choisit une empreinte de 32 octets plutôt qu'un bloc entier. Personne dans les métiers créatifs ne manipule directement une clé RSA de 1024 bits. Mais chaque logiciel de retouche, chaque plugin, chaque mise à jour de moteur de rendu s'installe aujourd'hui grâce à une signature numérique qui garantit son origine, et ces signatures reposent sur les mêmes familles de clés dont la robustesse vient d'être mesurée à la baisse.
La clé testée avait ses facteurs déjà connus des chercheurs, ce qui change la nature de l'exercice : il ne s'agit pas de casser une clé inconnue dans la nature, mais de chronométrer le travail nécessaire une fois la réponse en poche. La mutualisation du calcul entre plusieurs clés, proposée dans le second article, reste une estimation théorique, pas une attaque menée.
Ce que ce travail confirme, c'est la vitesse à laquelle des agents autonomes rognent la marge de sécurité qu'on prêtait encore à des formats considérés comme dépassés mais tolérés par paresse de migration. Les éditeurs de logiciels créatifs n'ont pas à changer leurs pratiques de signature demain matin, puisque les standards récents dépassent largement 1024 bits. L'enseignement tient ailleurs : la date à laquelle un format jugé fragile devient réellement cassable avance plus vite que prévu, et les choix de renouvellement de certificats faits aujourd'hui par un studio ou un éditeur de plugin gagneraient à intégrer cette accélération plutôt qu'à attendre l'alerte officielle.
Sources
- https://x.com/pushmeet/status/2118752095859794390?a=5wUBsU32SasAtdqbJTs&s=20
- https://storage.googleapis.com/deepmind-media/papers/Faster_Affine_Root_and_a_1024bit%20Computation.pdf
- https://storage.googleapis.com/deepmind-media/papers/Fan_Factories_Multiple_Number_Fields_in_Factorization_Factories_and_Batch_NFS.pdf