ChatGPT ouvre la publicité à cinq pays de plus, la version gratuite devient un média
— Business
OpenAI étend son programme publicitaire au Royaume-Uni, au Mexique, au Brésil, au Japon et à la Corée du Sud, réservé aux comptes gratuits et à l'offre Go. Les abonnés payants restent protégés, ce qui dessine déjà deux catégories d'utilisateurs face aux marques.

Cinq marchés de plus, et un signal net envoyé aux annonceurs : ChatGPT devient un espace publicitaire à part entière, pas un simple assistant gratuit avec quelques essais commerciaux. Après les États-Unis, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, le Mexique, le Brésil, le Japon et la Corée du Sud rejoignent le dispositif, avec la promesse d'autres pays d'ici la fin de l'année.
Le responsable marketing qui pilote les investissements médias tient là un nouveau canal à évaluer, avec un outil de gestion des campagnes déjà accessible dans plusieurs de ces pays. La promesse d'un ciblage qui s'appuie sur le sujet des conversations et les interactions publicitaires passées ressemble, sur le papier, à ce que Google ou Meta proposent déjà, mais l'audience visée reste circonscrite aux formules gratuites ou d'entrée de gamme. Un plan média qui viserait les décideurs ou les professionnels équipés en abonnements payants passerait complètement à côté de cette réclame, puisque les offres Plus, Pro, Business, Enterprise et Education en restent exemptées.
La promesse de séparation entre les réponses de l'assistant et les annonces mérite d'être prise avec prudence tant qu'aucune campagne réelle n'a circulé publiquement pour vérifier ce cloisonnement à grande échelle. Une conversation sur un sujet de santé ou de politique reste protégée, ce qui limite déjà le terrain de jeu des annonceurs les plus agressifs, et c'est plutôt rassurant pour l'image de la plateforme.
Ce déploiement compte moins pour ce qu'il vend aujourd'hui que pour ce qu'il prépare : un rapport de force nouveau entre OpenAI et les régies publicitaires historiques, sur un terrain où l'audience se compte déjà en centaines de millions d'utilisateurs gratuits. Les marques qui négocient habituellement avec Google ou Meta gagnent un troisième interlocuteur, et cette concurrence naissante finira par peser sur les tarifs des espaces publicitaires classiques.
Reste à voir combien de temps l'assistant conversationnel gratuit tiendra sa promesse de neutralité une fois les objectifs de revenus publicitaires posés sur la table des actionnaires.