Character.AI en faillite, Disney mise 20 millions sur ses droits et ses talents

— Business

La plateforme de personnages conversationnels se place sous protection judiciaire et organise la vente de ses actifs. Disney ouvre les enchères avec une offre de 20 millions de dollars portant sur des droits et du personnel, sans garantir que le service survivra à l'opération.

Character.AI en faillite, Disney mise 20 millions sur ses droits et ses talents

Une start-up qui a fait parler des millions d'adolescents à des personnages fictifs se retrouve aujourd'hui à vendre ses morceaux devant un tribunal américain. Character.AI entre en procédure de restructuration et cherche un repreneur capable de maintenir la plateforme en vie, avec une échéance fixée fin novembre ou début décembre 2026.

Disney se positionne en premier, avec une offre de 20 millions de dollars qui ne porte ni sur le rachat de l'entreprise ni sur la reprise de son code. L'accord vise une licence de propriété intellectuelle, des créances et l'embauche de salariés déjà passés chez Disney, dont l'ancien dirigeant de Character.AI devenu directeur technologique du groupe. D'autres candidats peuvent surenchérir, la justice tranchera.

Ce dossier ne concerne directement aucun studio de design ou d'illustration, mais il dit quelque chose d'utile sur l'industrie du divertissement conversationnel que ces mêmes studios verront arriver dans les briefs de marque. Un grand groupe de loisirs qui met de l'argent sur des droits et des équipes plutôt que sur une plateforme entière prépare des expériences interactives construites en interne, avec ses propres personnages et ses propres garde-fous.

La fragilité du modèle saute aux yeux. Une entreprise fondée en 2021, portée par l'engagement massif de ses utilisateurs, se retrouve en faillite après des procédures liées à des mineurs et à la santé mentale des adolescents. Le succès d'usage n'a jamais garanti la solidité financière ni la tranquillité juridique, et les groupes qui regardent ce secteur aujourd'hui savent qu'ils achètent un savoir-faire, pas un modèle économique éprouvé.

Pour les professionnels de la création qui travaillent sur des expériences de marque, le signal est clair : les grands comptes vont vouloir internaliser la conversation avec leurs personnages plutôt que la confier à des plateformes tierces dont l'avenir dépend d'un tribunal. Reste à voir si Disney transforme cette mise de départ en véritable offre de divertissement conversationnel, ou si elle finit cantonnée à une ligne de droits dormants dans un inventaire juridique.

Sources

Umiros Média