Artificial, le biopic sur la chute d'Altman, change de studio après un accord Amazon-OpenAI
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Un long métrage sur la crise de gouvernance d'OpenAI a perdu son distributeur au moment où celui-ci signait un accord commercial majeur avec l'entreprise représentée à l'écran. Neon récupère les droits et hérite d'une polémique qui vaut, à elle seule, toute une campagne promotionnelle.

Un studio finance pendant trois ans un film sur la crise de gouvernance la plus commentée de la tech, puis se retire quelques mois avant sa sortie, au moment précis où il signe un accord pouvant atteindre 50 milliards de dollars avec l'entreprise que ce film met en scène. Amazon MGM n'a donné aucune explication publique sur ce retrait, mais le calendrier suffit à faire le récit à sa place.
Pour un réalisateur ou un producteur qui porte un projet critique sur une entreprise technologique, l'épisode vaut leçon. Un biopic à charge peut devenir gênant pour son propre financeur dès que ce financeur devient partenaire commercial du sujet filmé. Neon récupère les droits mondiaux fin juin et se retrouve avec un argument publicitaire gratuit, sans avoir à assumer le conflit d'intérêts qui a fait fuir le distributeur précédent.
Le film lui-même reste construit comme un vrai drame de studio, pas comme un documentaire déguisé. Andrew Garfield joue Sam Altman sans jamais l'avoir rencontré, préparé sur scénario, entretiens et documents judiciaires. Le budget de production, environ 40 millions de dollars, place Artificial dans la catégorie des films d'auteur ambitieux, loin des grosses machines à effets, avec un casting qui compte Mark Rylance en Geoffrey Hinton et Monica Barbaro en Mira Murati.
La communication autour du film insiste sur un point qui parlera aux équipes de tournage et de post-production : aucun système génératif n'a été crédité dans sa fabrication. Photographie, montage et musique restent signés par des professionnels identifiés, dans un genre biographique où la tentation de reconstituer numériquement des lieux ou des visages existe déjà ailleurs. Ce choix de méthode, sur un film qui parle précisément d'intelligence artificielle, fonctionne comme une prise de position silencieuse.
Reste que rien ne garantit la fidélité du récit aux faits. OpenAI n'a jamais publié le rapport complet de l'enquête WilmerHale sur l'éviction d'Altman, et les discussions internes devront être largement reconstruites par les scénaristes. Le film promet un affrontement entre Altman et Ilya Sutskever qui dépasse le simple portrait de patron, mais sa vérité restera celle d'une dramatisation, jugée sur son efficacité de récit plus que sur son exactitude.
Ce genre d'histoire compte pour quiconque travaille sur des projets documentaires ou biographiques liés à la tech : le sujet filmé peut, entre le tournage et la sortie, devenir un partenaire commercial de son propre financeur. La première mondiale est prévue le 5 octobre 2026 à New York, sans distributeur ni date française annoncés à ce jour.