Archon veut apprendre le style d'un monteur, pas celui de tout le monde
— AUDIOVISUEL
Selendis promet un modèle qui retient les choix de montage d'un créateur plutôt que d'appliquer un style générique, à partir des rushes et des vidéos déjà produites. La mécanique d'apprentissage reste floue et l'accès se limite pour l'instant à une liste d'attente.

Un monteur qui travaille des années avec la même marque finit par deviner ses choix sans qu'on les lui dicte. Selendis affirme vouloir reproduire ce réflexe dans Archon, un modèle qui observerait les décisions passées d'un créateur pour construire ses montages suivants, à partir du catalogue déjà produit et des interventions faites dans l'éditeur.
Le monteur vidéo est le premier concerné, surtout celui qui gère des volumes lourds de rushes pour des formats courts destinés aux réseaux sociaux. La démonstration s'appuie sur les tournées de Steve Aoki, cofondateur du projet, où des heures de scène et de déplacements doivent devenir des séquences verticales exploitables en quelques jours. Un premier montage produit sans réglages préalables changerait concrètement le temps passé sur le dérushage, cette étape ingrate où l'on trie des heures de plans avant même de commencer à construire une histoire.
La promesse la plus intéressante tient dans son ambition : ne pas automatiser une seule opération isolée comme le sous-titrage ou le recadrage, mais prendre en charge une partie des choix éditoriaux eux-mêmes, la sélection des plans, leur ordre, leur rythme. Aucun protocole public ne documente la qualité réelle de ces montages ni le nombre de corrections nécessaires avant d'obtenir une version livrable à un client. L'architecture du modèle et la manière dont les préférences sont concrètement mémorisées restent également non précisées par l'entreprise.
Le montage reste un travail d'interprétation qui bouge selon le projet, le public visé ou le canal de diffusion, pas une simple répétition de schémas passés. Un style qui se construit en réaction à un brief changeant mettrait à l'épreuve tout système fondé sur l'historique d'un créateur. Sur ce terrain, Archon joue une carte différente des outils d'automatisation technique habituels, mais la preuve de sa pertinence créative reste entièrement à faire.
L'accès se limite à une liste d'attente, avec trois mois d'utilisation gratuite pour les premiers sélectionnés, sans grille tarifaire ni précision sur l'export vers d'autres logiciels de montage. Pour un studio qui facture au projet, la question de s'inscrire se pose moins que celle de savoir combien de temps il faudra avant de juger sur pièces, une fois les rushes d'un vrai client dans la balance.