Adil Mania promet un empire du divertissement par l'IA, encore réduit à un manifeste
— Business
Adil Mania lance Mania, Inc. avec l'ambition déclarée de construire un Disney de l'intelligence artificielle, centré sur l'émerveillement plutôt que sur la productivité. Le site de lancement déroule une expérience narrative soignée, sans catalogue ni produit à l'appui.

Un site en musique orchestrale et narration audio, un fondateur qui raconte son enfance et sa découverte de ChatGPT, une formule chargée pour marquer les esprits : Mania, Inc. s'annonce comme une entreprise d'IA qui refuse de vendre du temps gagné. Adil Mania veut inverser le discours dominant du secteur, où chaque lancement promet d'automatiser une tâche de plus.
Aucun studio de création, aucun graphiste, aucun motion designer n'a aujourd'hui un outil à tester dans cette annonce. Le site mania.inc fonctionne comme une pièce de communication, pas comme un produit. C'est un geste de positionnement, pensé pour un marché bien précis : celui des investisseurs et des talents du divertissement technologique, à qui l'on vend une vision avant de vendre quoi que ce soit d'autre.
Le parcours d'Adil Mania donne du poids à l'exercice. Entre StartupOKLM, le lieu parisien anomalie.space et le média Silicon Mania, il a construit une légitimité sur la culture tech avant de viser plus large. Se comparer à Disney dans un manifeste de lancement relève du pari risqué, mais le choix dit quelque chose du moment : l'IA générative cherche désormais des récits fondateurs, pas seulement des fonctionnalités.
La réserve tient en une phrase : la promesse d'émerveillement ne produit encore rien de concret. Pas de catalogue, pas de service, pas de calendrier annoncé. Une entreprise qui se présente par son intention plutôt que par ses livrables s'expose à devoir, tôt ou tard, transformer le manifeste en objet tangible.
Ce pari compte malgré tout pour quiconque observe où va l'argent de l'IA appliquée à la création. Si le divertissement redevient un axe de financement à part entière, à côté des outils de productivité, les studios pourraient voir émerger des acteurs qui financent des expériences plutôt que des gains d'efficacité. De quoi surveiller qui, derrière Adil Mania, décide de miser sur cette autre lecture de l'intelligence artificielle.